Séquence émotion. En regardant la piscine, dehors, j'ai les Minikeums qui me reviennent en tête. Rah la vache, qu'est-ce que c'était bon, cette émission. Toute mon enfance. Le nombre de matinées que j'ai passé à suivre leurs aventures, et leur programmation géniale. Rahputain. C'était vraiment trop bon. Et puis les chansons... En fouillant sur radioblog, j'ai trouvé tout l'Alboum. Emotion, émotion. Mais évidemment, il est minuit, et ma mère dort, et les basses la réveillent. Alors, le coeur lourd et empli de regrets, je coupe la musique.

Mais je m'en fous, parce que pendant toute la soirée, j'ai chanté la chanson des nananas à tue tête. Et ça donnait du nanana, en remix version hard rock, avec la voix rocailleuse et grave, et tout et tout. J'ai pété ma pile, quoi. Mais ça fait un bien fou. Le truc le plus fou, c'est que tu te rends compte qu'en fait, les chansons, tu les as pas oubliées. Il suffit d'un truc pour que tout te revienne d'un coup. Comme moi, avec la piscine. Classe.

A table, en train de manger, mit Mutter und Schwester (mère et soeur, pour les germanophobes), je regarde dehors (wé, parce qu'on a une baie vitrée) et mon regard se pose sur notre magnifique piscine autoportante, pas crédible pour un sou, mais foutrement rafraîchissante, et ça tombe bien, c'est tout ce qu'on lui demande. Et là, c'est le drame. Je me retourne vers mon morceau de viande, et je souris comme une débile. "Les grenouilles sont des coquines, elles font pipi dans la piscine, la nuit quand tout l'monde fait dodooooo". Quelques gorgées d'eau plus tard, la suite vient aussi. "On voit pas d'escargots faire caca dans le métro, faut pas les prendre pour des zozoooooos". Et puis le meilleur couplet selon moi. "Les chimpanzés d'Asie, font joujou avec leur zizi, ils s'ennuient enfermés au zooooooo... Quand on se met en colère, on fait des cacas calcaire, on dit qu'on fait pas de vieux oooooooooos".

Bref. De la poésie comme on en fait plus. Baudelaire peut aller se rhabiller, et embarquer Louise Labbé avec lui sous un bras, et Appolinaire sous l'autre. Et chacun d'eux portera un autre auteur. Mais faut pas croire, hein. J'aime la poésie classique. C'est juste que non, ça compare pas. Les Minikeums rulez, point barre. Faut comprendre aussi, pour des gosses, ça passe mieux que "Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits". Allez savoir pourquoi, cela dit.

Et haaaan, ça me donne envie d'écouter l'Horloge. Mais ma maman va râler. Tant pis. L'association Mylène Farmer / Baudelaire est trop jouissive. Elle serrera les dents pendant quatre minutes. Voilà. Ca y est. Et je m'éloigne des Minikeums, mais tant pis. J'avais envie de faire un article coup de tête, alors maintenant, vous avez plus qu'à suivre les tortueuses et sinueuses voies de mon cerveau. Et putain, je suis claquée. J'arrête pas de faire des fautes de frappe débile. Je vais me coucher. Je continuerai à chanter les Minikeums demain. Et je mettrai en chanson du Baudelaire, aussi.

Et puis, dessine-moi un mouton.